Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 12:08
kristen


Faire rire est un vrai métier. Rappelons que dans les années 20, avant de devenir le grand homme que l'on sait, Franck Capra travaillait comme gagman dans la tour de Mack Senett pendant que celui-ci se faisait masser les fesses par Abdul le Turc.
Aujourd'hui, près d'un siècle plus tard, le monde a changé et le peuple ne rit plus aux maladresses hyper-calculées de quelques génies comme Charlie Chaplin ou Buster Keaton, mais est beaucoup plus réactif aux audaces bas de plafond des auteurs consensuels de comédies vulgaires et prétextes à concours de pets.

Qu'est-ce qui déclenche ENCORE mon courroux direz-vous ? Ne peut-il jamais faire l'apologie d'un bon film comme ce fut le cas à une époque où il avait toujours des étoiles dans les yeux ? Rassurez-vous, lecteurs, point de négativisme dans mon discours, un simple avis de spectateur.

C'est-à-dire que j'aimerais bien me marrer comme vous, je suis friand de comédies, mais ma sensibilité m'empêche d'apprécier pleinement, par exemple, Mes meilleures amies de Paul Feig. Expliquez-moi ce que vous avez trouvé dans ce film longuet, complaisant jusqu'à l'embarras, dont le climax est le déclenchement d'une méga-gastro dans un magasin de robes de mariées… à force de vomi et de caguade (pour rester poli) dont les défenseurs diront que c'est un truc "décomplexé" ?
A croire qu'on ne peut plus faire rire sans cul et dégueulis. Les frères Farelli, qui nous avaient tout de même offert deux des meilleures comédies modernes avec Mary à tout prix et Deux en un (un film d'une rare finesse !) se ramassent aujourd'hui avec Bon à tirer, film sans aucune saveur qui ne déclenche chez moi pas l'ombre d'un sourire crispé. Est-ce vraiment cela qui est recherché par le public ? Le pipi-caca ? Moi, je n'ai pas l'impression de régresser à ce point en passant les portes du cinéma. Very bad trip ne m'emporte pas, malgré un pitch en or (je suis sincère). On se moque toujours des mêmes choses, la démesure n'a plus de classe, et puis où est la surprise dans tous ces produits hyper formatés ?

Bien sûr, je parle ici des grosses formules commerciales, je ne prétends pas avoir tout vu !

Un film récent a cependant retenu mon attention : Comment tuer son boss ? Irrévérencieux, délirant et forcément défoulant, le film tient surtout par la qualité du casting employé à contre-emploi. Du caviar pour tous les cinéphiles.

La production française, je n'en parle même plus : Dubosc, Mérad ou Semoun, insupportables, débitent des blagues Carambar dans des films jetant les millions par la fenêtre, et le pire du pire, c'est que la distribution leur fait un pont d'or, car les gens mordent à l'hameçon. Alors pour être élégant, on dira que chaque pays a son cinéma potache très grand public, pays merveilleux par devant et grosse tête par derrière, dans lequel Dany Boon est roi, heureusement inoffensif.

Mais alors quoi regarder pour se bidonner ? En France, pas de doute, les programmes courts me paraissent se détacher du peloton, comme Scènes de ménage, série somme toute bien écrite et faisant mouche souvent. Il y a eu Kaamelott et Un gars, une fille, ça a tout lancé. En fait, on excelle véritablement dans le programme court, c'est le truc à la mode que tout le monde veut réussir : il n'y a qu'à regarder Bref, ou Very bad blagues. Le terrain est occupé pour longtemps.

Côté longs métrages, par contre, on ronfle sévèrement. Quoi que je citerais bien Moi, Michel G., milliardaire comme exercice plutôt réussi mais pas tout à fait sur le registre de la comédie. A l'étranger, il faut surtout voir les séries. On note quand même une crise d'intérêt dans la course de How I met tour mother et The big bang theory, mais The IT crowd terminera en beauté au printemps avec une ultime cinquième saison. J'en profite pour remercier mon ami Fred pour m'avoir fait découvrir ce bijou de Better off Ted, série terminée (hélas !).

Les anglais restent les plus capables, voir le long métrage Attack the block pour s'en convaincre, avec un habile mélange des genres. On constatera que le passage de Simon Pegg aux Etats Unis n'a pas été fructueux, Paul se révélant une déception par rapport à des éclats de génie comme Shaun of the dead.

Non, vraiment, ce n'est pas une période propice au bidonnage...en temps de crise, faut-il réapprendre à rire de tout ?


Par Morgsapplar - Publié dans : Le cinéma va mal
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 14:40


Au top du top en ce moment, et il suffit de se tourner vers deux trois jeunes filles en émoi sortant du cinéma le plus proche de chez vous pour le savoir, c'est Ryan Gossling, le beau gosse de N'oublie jamais, de Blue valentine et aujourd'hui de Crazy stupid love et Drive. Pas sûr que Taylor Lautner, débauché de Twilight et jouant les Jason Bourne de remplacement dans Identité secrète, ne puisse relever le challenge.

Gossling est-il le nouveau James Dean ? Telle est la question posée par Clémentine W. de Lyon, à la vision du dernier film de Nicolas Winding Refn fortement remarqué au Festival de Cannes et récompensé d'un prix de la mise en scène. Ce serait une façon bien commode de ranger encore une fois des gens dans des tiroirs. Par contre, de dire que Winding Refn est le nouveau William Friedkin, c'est vrai qu'il n'y a qu'un pas. Il suffit de jeter un oeil à sa filmo, et de se plonger cinq minutes dans l'huile bouillante de Bronson. Drive est à cette image un film urbain envoûtant, troublant et schizophrénique par son côté à la fois rétro et néo-choc, entre titres roses sur longs plans aériens et gueules éclatées à coups de bottes. Ce n'est pas foncièrement nouveau, mais l'émotion reste coupablement délicieuse.

Crazy stupid love est quant à lui un bon film, chassé-croisé d'une collection de personnages opposés et confrontés, dont la rencontre fait éclater toutes les règles de vie : le dragueur pris à son propre jeu, le loser romantique sur le chemin de la vérité qui fait mal mais qui fait grandir, les enfants aux émotions qui font des bonds et les parents qui pètent les plombs entre scandales et adultères. Une réflexion sur les jeux dangereux de l'amour et des sentiments, des espoirs et des déceptions. Diablement efficace et terriblement véridique, finalement.

Forcément moins sexy, l'avant première française de cette croûte de Monster brawl, rendez-vous des cinéphiles aimant le Bis au plus poussé, et malgré l'accueil très sympathique de nos amis des Méduses / Ciné Nasty, hyperactifs du fantastique sur le coin. Le film ne convainc pas, étant un prétexte monotone à ressusciter des créatures classiques pour en faire absolument n'importe quoi sauf du spectaculaire. Il y a bien une ou deux idées marrantes qui surnagent dans cette mare désertique sans budget ni talent, s'amusant de la présentation des matchs mais ayant la faiblesse de ne pas assez céder au délire de ceux-ci.

Moralité : restons curieux, il y a toujours un OVNI quelque part propre à nous enchanter, et qui aura un peu de profondeur. Seulement ils ne touchent pas souvent le sol niçois… dommage, Messieurs les Distributeurs ! Et on va encore me qualifier de vieux râleur...

Publié dans : Critiques (impitoyables)
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 19:27
Mesdames et Messieurs, après 10 ans de service, l'association Alfy Prod tire sa révérence.

Originalement fondée en juin 2001 par Gilles Normand, Raphaël Clément, Fabien Rosa et moi-même dans le but d'encadrer nos tournages, sa première mission avait été d'organiser la réalisation d'"Esprits de famille", un projet titanesque qui a monopolisé des dizaines de personnes bénévoles pendant près de 5 années.

Le terme "Alfy Prod" avait été inventé pendant le tournage de "La part du mort" en février 2000, une référence à "Raphy" et à Alf l'extra-terrestre bien connu des enfants, fréquemment sujet à imitation entre les prises.

Alfy prod était ouverte à tous les passionnés de cinéma qui souhaitaient faire vivre des projets avec nous. Nous avons réalisé dans ce cadre des prestations pour plusieurs sociétés et enseignes, y compris pour la Foire de Nice 2003, projet collaboratif important. Nous avions conclu un marché lors de cette édition qui nous avait permis de tenir un stand pendant une journée, et de diffuser des extraits d'"Esprits de famille" dans la très belle salle Chiris du Palais des Expositions de Nice.

Après "Esprits de famille", terminé sous forme de long métrage en 2005, l'équipe fondatrice s'est peu à peu dissoute et l'activité de l'association s'est transformée. Une nouvelle équipe fut réunie pour le tournage de "L'ami de jamais" en été 2006, projet contrarié par des difficultés personnelles dans l'année qui a suivi. "L'ami de jamais" a évolué en web-série encore en cours de production, retardé par un certain manque de moyens et plusieurs incidents techniques regrettables qui a demandé de refaire le montage intégralement. Le projet est encore vivace et devrait être dévoilé à la fin de l'année.

De jeunes réalisateurs ont rejoint nos rangs entre-temps, comme Raphaël Biss, à qui nous avons apporté notre soutien pour des projets comme "Les couleurs de la neige". Les tournages ont aidé à rapprocher de nombreux passionnés, qui sont pour la plupart devenus et restés amis.

J'ai personnellement continué à encadrer plusieurs de mes courts métrages avec l'association : "Entre les lignes" (2007) puis "La capsule de l'homme-fiction" (2008) et enfin "L'âme damnée" (2009).

En 2010, l'association fut utilisée en collaboration avec ma société de production naissante, La Dame Verte, pour le tournage d'"OVNIvores", actuellement en phase de post-production.
Suite à ce tournage, nous avons souhaité réorienter l'association vers l'aide aux étudiants, motivant de nouvelles forces dans l'encadrement de jeunes réalisateurs. "Retombées" d'Erwan Le Cornec est né ainsi, un premier court métrage tourné en Canon 5D qui sera probablement dévoilé au cours de l'été.

Mais la volonté de cette réorientation n'aura pas suffi à rétablir Alfy Prod dans un flux d'activités suffisant. Nous avons donc décidé, avec le trésorier Thibaut Bedu, de reprendre les actifs d'Alfy Prod sous l'égide de notre société de production et de nous concentrer sur la partie la plus professionnelle de nos créations.

Une autre victoire importante bien qu'officieuse d'Alfy Prod, reste son rôle d'encadrement logistique et administratif du film de Frédéric Zamochnikoff, "L'autre vie", qui contre toute attente sortira sur les écrans en novembre prochain.

D'octobre 2008 à juillet 2010, une poignée d'Alfys ont également animé l'émission de radio "L'affaire pellicule" sur Radio Chalom Nitsan, avec inspiration et bonheur.



Parmi les faits d'armes d'Alfy les plus marquants, on citera l'animation du complexe Pathé Lingostière pour la journée "Seigneur des anneaux" en décembre 2003 : quinze Alfys déguisés en chevaliers, elfes, Nazgûl, orcs et consorts pour mettre l'ambiance sur l'intégralité du marathon, de 11h du matin à 2 heures le lendemain… Nice Matin avait titré "Les séquestrés des anneaux" et le coup de pub nous avait fait reconnaître pendant des années dans les cinémas, y compris lors de la récidive, 2 ans plus tard, pour un duel aux sabres laser lors de l'avant-première de "La revanche des Sith".

Dans la vie il faut parfois choisir, et savoir arrêter les projets essoufflés pour rebondir vers de plus vertes vallées. En 10 ans, la carte a changé depuis notre premier banc de montage numérique sur Windows 2000 et les Sony PC100. Nous ne sommes plus seuls, de nombreux autres groupes créatifs se sont formés, et Alfy Prod laisse la place à d'autres structures plus adaptées.

La fin d'Alfy Prod, c'est une vraie surprise suite à l'annonce relativement récente de sa reprise d'activité. C'est surtout un choix. Et aussi et bien sûr la fin d'une époque. Je tiens personnellement à remercier tous ceux qui y ont cru et qui ont participé à son développement, à ses activités, à sa créativité et à sa bonne humeur. Je ne pourrais pas tous les citer...

Pour ceux qui suivent encore le mouvement, toujours plus sérieusement et de plus en plus fidèlement, il faut maintenant se pencher sur le berceau de La Dame Verte, notre avenir.

Alfy Prod (2001-2011)

Publié dans : Le cinéma va mal
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Jeudi 24 février 2011 4 24 /02 /Fév /2011 11:30
S’il y a bien un film qui ne tolère pas de suite, c’est bien E.T. de Steven Spielberg. J’en avais eu le soupçon en lisant un traitement de Spielberg et Melissa Mathison daté de juillet 1982 et intitulé Nocturnal fears, dans lequel le petit lutin de l’espace affrontait une cohorte de ses congénères méchants, en compagnie d’un Elliot grandi…



Evidemment, nous étions très loin de l’esprit poétique du film original et cette suite ne présentait guère d’intérêt. Ce traitement devait donc être un simple exercice de style, d’autant qu’il était très grand guignol.

Sauf qu’une bande de petits malins cinéastes se sont attribué le bébé et se sont amusés à réaliser la bande annonce du film, rebaptisé pour le coup E.T. X -- pour former le terme EXT (comme EXTerminate. D’où une parenté avec les Daleks, les fans de Docteur Who comprendront !)

Voici le fameux trailer, très grosse machine américaine, mais vous verrez, on est bien tenté d’y croire pendant une bonne minute…
C'est par ici : http://www.youtube.com/watch?v=fMW3W-G43gI


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Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 19:01
C’est avec beaucoup d’amusement que j’ai entendu ce matin une campagne de publicité sur RMC vantant les mérites d’une adaptation moderne en DVD de Macbeth de Shakespeare avec Jeffrey Wright et Sam Worthington. Déjà, l’implication du héros de la fine fleur des films bourrins américains tels qu’Avatar, Terminator 4 ou encore Le choc des titans dans un classique (qui plus est Shakespearien) avait de quoi me faire sourire. Que ce soit une version ultra-moderne, voire de science-fiction, passait encore. Mais c’était sans compter sur la publicité suivante… évoquant l’existence en pharmacie d’un programme contre la dégénérescence intellectuelle liée à l’âge !

Je ne sais pas pour vous, mais à la lumière de tout cela, je suis tenté de répondre… ce n’est pas seulement lié à l’âge. Suivez mon regard !


Ils ont osé, ils ont osé !!!!



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