Lundi 24 janvier 2011
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Cette nuit sur Facebook, deux cinéphiles insomniaques dont je tairai les noms échangeaient leurs points de vue sur lutilité ou pas de regarder des navets. Lun venait de découvrir le documentaire choc
The cove, lautre voulait lui parler de
Cette femme-là de Guillaume Nicloux.
Les deux cinéphiles évoquaient le cinéma français, ce qui leur plaisait et ce qui les repoussait dans ce cinéma, tandis que les César annonçaient leurs nominations. « Il faudrait quon se fasse un cycle de grands films français », concluaient-ils, se souvenant de Losey, de Franju, de Tourneur, de Renoir ou encore de Melville.
Sauf quil nest pas toujours évident de reconnaître un navet au premier coup dil, ni un bon film dailleurs. On le sait souvent au cours de la séance, plus ou moins tardivement. Cest linconvénient. Et puis tout le monde ne saccorde pas que la classification. Cest ce quon appelle « le goût des autres ».
Lavantage est que même dans la pire rave de lannée, on trouve toujours un petit quelque chose dont on peut tirer une leçon de cinéma.
La clé du navet est souvent à molette...
Dernier exemple en date,
Possession de Joel Bergvall et Simon Sandquist avec Sarah Michelle Gellar. Voici un film
direct to video, quon regarde parce quil y a lhéroïne de
Buffy dedans, et quon laime bien.
Lhistoire na rien de folichon, la cinématographie non plus, on suit le mouvement parce quon a fini toute la vaisselle, on a plus aucune excuse.
Une rivalité entre deux frères vivant sous le même toit, qui met en danger un couple, Sarah a de mauvais pressentiments et soudain cest le drame, les deux frères saffrontent et finissent à lhosto suite à un gros accident de voiture. Qui sen tirera ? Le chéri de Sarah ou le frère quelle déteste ?
Evidemment, la deuxième option simpose, sinon on peut aller se coucher, les producteurs lont bien compris. Obligés de cohabiter, Sarah et le frère louche nouent une relation étrange lorsque celui-ci prétend que son âme et celle du mari de Sarah ont été inversées dans le choc. Ils nouent alors une histoire damour
et Sarah se retrouvera enceinte.
Par conséquent, nous sommes en plein trip fantastique. Guère intéressant, on a vu ça cent fois. Et pourtant, lorsque Sarah découvre que le frangin lui a menti sans honte, on touche à quelque chose de différent, quasiment un sentiment Cronenbergien : elle porte lenfant dun homme qui la dégoûte, son ventre est conquis par Alien, à ce moment-là, difficile de ne pas ressentir lhorreur de la situation.
Quel dommage alors de retomber dans des inepties de bagarre à coups de clé à molette, de fantômes et dintervention divine. Le premier degré aurait tellement bien fonctionné !
Quand il ny a pas une totale réussite, donc, il y a parfois des tentatives méritantes. La série B est bel et bien un laboratoire dessai pour un rang de cinéastes pas toujours libres et souvent en recherche. Nous aurions tort de ne pas nous y hasarder de temps en temps.
Et puis, ça nempêchera pas le cycle de grands classiques !