Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 10:52
Cette nuit sur Facebook, deux cinéphiles insomniaques dont je tairai les noms échangeaient leurs points de vue sur l’utilité ou pas de regarder des navets. L’un venait de découvrir le documentaire choc The cove, l’autre voulait lui parler de Cette femme-là de Guillaume Nicloux. Les deux cinéphiles évoquaient le cinéma français, ce qui leur plaisait et ce qui les repoussait dans ce cinéma, tandis que les César annonçaient leurs nominations. « Il faudrait qu’on se fasse un cycle de grands films français », concluaient-ils, se souvenant de Losey, de Franju, de Tourneur, de Renoir ou encore de Melville.

Sauf qu’il n’est pas toujours évident de reconnaître un navet au premier coup d’œil, ni un bon film d’ailleurs. On le sait souvent au cours de la séance, plus ou moins tardivement. C’est l’inconvénient. Et puis tout le monde ne s’accorde pas que la classification. C’est ce qu’on appelle « le goût des autres ».
L’avantage est que même dans la pire rave de l’année, on trouve toujours un petit quelque chose dont on peut tirer une leçon de cinéma.


La clé du navet est souvent à molette...

Dernier exemple en date, Possession de Joel Bergvall et Simon Sandquist avec Sarah Michelle Gellar. Voici un film direct to video, qu’on regarde parce qu’il y a l’héroïne de Buffy dedans, et qu’on l’aime bien.
L’histoire n’a rien de folichon, la cinématographie non plus, on suit le mouvement parce qu’on a fini toute la vaisselle, on a plus aucune excuse. Une rivalité entre deux frères vivant sous le même toit, qui met en danger un couple, Sarah a de mauvais pressentiments et soudain c’est le drame, les deux frères s’affrontent et finissent à l’hosto suite à un gros accident de voiture. Qui s’en tirera ? Le chéri de Sarah ou le frère qu’elle déteste ?

Evidemment, la deuxième option s’impose, sinon on peut aller se coucher, les producteurs l’ont bien compris. Obligés de cohabiter, Sarah et le frère louche nouent une relation étrange lorsque celui-ci prétend que son âme et celle du mari de Sarah ont été inversées dans le choc. Ils nouent alors une histoire d’amour… et Sarah se retrouvera enceinte. Par conséquent, nous sommes en plein trip fantastique. Guère intéressant, on a vu ça cent fois. Et pourtant, lorsque Sarah découvre que le frangin lui a menti sans honte, on touche à quelque chose de différent, quasiment un sentiment Cronenbergien : elle porte l’enfant d’un homme qui la dégoûte, son ventre est conquis par Alien, à ce moment-là, difficile de ne pas ressentir l’horreur de la situation.

Quel dommage alors de retomber dans des inepties de bagarre à coups de clé à molette, de fantômes et d’intervention divine. Le premier degré aurait tellement bien fonctionné !

Quand il n’y a pas une totale réussite, donc, il y a parfois des tentatives méritantes. La série B est bel et bien un laboratoire d’essai pour un rang de cinéastes pas toujours libres et souvent en recherche. Nous aurions tort de ne pas nous y hasarder de temps en temps. Et puis, ça n’empêchera pas le cycle de grands classiques !

Publié dans : Critiques (impitoyables)
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