Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 09:51
 Il y a des films dont on parle, donc j’essaie de les voir. C’est tout naturel. Récemment, il y a donc eu The social network, Les petits mouchoirs, et Monsters. J’ai vu le premier (j’y reviendrai), j’ai raté le second (je fais ce que je veux) et j’ai enfin découvert le troisième.


"Dans la jungle, terriiiiiiible jungle..." (air connu)

Monsters commence bien, par une caméra embarquée de nuit dans une jeep militaire qui va balancer du jus sur un alien tentaculaire qui tente d’envahir la planète avec ses congénères. Scène intense et bien réalisée qui fait office de belle promesse pour la suite. Générique, point.

A partir de là, on découvre les personnages et le contexte. La Terre a subi un traumatisme lorsque des extra-terrestres en forme de pieuvres géantes type La guerre des mondes, les machines en moins, se sont mises à écraser l’humanité. Trêve de davantage d’explications, n’insistez pas, vous n’en saurez pas plus. Pas de bombe nucléaire, pas de grandes batailles à la Independence day, tout sent le sable et la fumée sur le parcours de nos héros qui essaient de quitter le Mexique pour rentrer aux Etats Unis, pays qui a construit un titanesque barrage pour empêcher les intrus de venir leur chatouiller les orteils.
Les enjeux sont donc posés, et les protagonistes s’en vont par monts et par veaux, en bus, en train ou en barque (en kayak ?), en quête de leur liberté.

Alors l’ambiance est réussie, les personnages sont bêtement humains et tombent dans des pièges classiques, tels que celui de se faire arnaquer par des mexicanos sans scrupules. Cliché. La vie n’ayant pas de prix, ils payent pour traverser la région infestée. Le ride à la Jurassic Park peut commencer, mais comme dans ce dernier, il n’y a pas de dinosaures dans le parc. Ni trop de rythme. On entend des trucs, c’est tout, parce que le budget était petit, vous comprenez.

Le film met à peu près 45 minutes à démarrer, et même alors, on ne peut pas dire qu’il sacrifie au spectaculaire. Il y a certes une attaque de convoi qui rappelle cruellement une célèbre scène avec un tyrannosaure. Mais ça ne suffit pas. On reste sur le plan humain, sans doute trop, car on s’en fout un peu. Motivations pas assez fortes des personnages ? Qui sait ?

Finalement, la balade va se terminer en expédition du National Geographic. La Terre n’est pas sauvée, nos héros restent plantés là, et on se demande ce que voulait dire le réalisateur. Exercice de style sympathique mais qu'on est déçu de trouver creux, Monsters tient à peine ses promesses (on a enfin vu deux monstres, le pluriel est acquis).

Crise dans le film de monstres : depuis quelques années, tout va mal. Entre un Distrcit 9 bourrin et bien pensé mais sans profondeur, un Skyline risible digne d’"Hollywood night", un monstre de Cloverfield cousin moche de Godzilla paumé, on ne vit pas grand chose d’excitant. La faute à eux, d’abord : pourquoi tous ces monstres s’attaquent-ils à de tels héros sans substance ? Il semble que les monstres peuplent de plus en plus la Terre, mais les humains de moins en moins… décérébré à coups répétés de télé-réalité, le quidam moyen (cible privilégiée) ne passionne plus personne, et d’ailleurs ne résout plus rien, preuve ultime de son impuissance…
On a connu des temps meilleurs !

Publié dans : Critiques (impitoyables)
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