Lundi 17 janvier 2011
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Lévénement de ces derniers jours était sans doute lavant-première de
Black swan de Darren Aronofsky, un film que jattendais de pied ferme. Trois jours après la projection, le moins que lon puisse dire, cest que le film maccompagne. Impossible de ne pas garder en mémoire la musique du "Lac des cygnes" de Tchaikovsky, et tout ce remue-ménage dans ma tête nest pas anodin, cest leffet
Requiem for a dream, une réaction bien connue que jappellerai également le coup du pamplemousse.
Jai fermement décidé de ne pas livrer ma critique complète du film aujourdhui. Je ne vais en écrire quune version synthétique, un condensé sans
spoilers destiné à vous donner une idée de londe de choc, mais il restera beaucoup à dire sur la mise en scène.
Black swan est un film en noir et blanc contrarié, qui présente le vain combat de linnocence face à la perversion de notre monde moderne, symbolisé dans la fuite désespérée du cygne blanc essayant déchapper à lemprise du cygne noir. Un thème qui sapparente à celui de
Dark knight, sans en posséder lenvergure, mais sans en envier la puissance.
On assiste alors à un
rollercoster émotionnel, merveilleux mais funeste, tantôt intime et dérangeant, tantôt choquant et violent, dans des scènes choc rappelant des films dhorreur tels que
Lexorciste.
Black swan est un trauma total dans lequel on retrouve des petits morceaux dunivers dAronofsky, comme le pamplemousse de
Requiem for a dream dont lapparition semble ironiquement annoncer le pire, dès le premier quart dheure.
Dans cette uvre riche et brutale (le film possède un grain particulier, une réalité sale), Natalie Portman livre sa plus grande composition, une véritable prestation dadulte, tantôt bouleversante de fragilité et dimpuissance face à lomniprésence du « mal » semparant delle, tantôt époustouflante de grâce et de sensualité masquée. Ce nest pas peu dire quune grande actrice aura éclos à la fin du film, lorsque le cygne déploie enfin ses ailes
Finissons en notant que la bande annonce, dont on pense quelle en montre trop, na pourtant pas livré plusieurs aspects importants du film. Cest presque une fausse piste, dont on se délectera. Deux personnages notamment, parmi les fondamentaux de lhistoire, restent relativement dans lombre.
Etonnant, donc. Troublant et fascinant, entre désir et répulsion
On nen sort pas indemne.
Et comme pour confirmer cet article, pas plus tard que cette nuit, Natalie Portman a remporté le Golden Globe de la meilleure actrice dans un premier rôle dramatique pour
Black swan.
un film très fort