Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 10:51

L'image recquiert beaucoup de travail, mais le son, c'est encore autre chose !

On peut dire qu'OVNIvores a bénéficié d'un coup de baguette magique, puisque qu'un grand professionnel du son allait s'occuper de lui : Todd Warren. Il suffit de taper son nom sur IMDB pour comprendre que son expérience est conséquente, je ne reproduirai donc pas ici son curriculum vitae. J'ai appris à ses côtés que la mise en scène, le montage, la création et le mixage du son étaient des étapes aussi longues, acharnées et exigeantes que le traitement de l'image, plus encore que je ne me l'imaginais (et j'ai l'imagination fertile !).

 

Lorsque nous nous sommes rencontrés, Todd a tenu à lire plusieurs de mes projets et m'a donné une étude complète sur deux de ceux-ci. J'avais été très impressionné par ses notes sur le scénario d'Art nouveau, et il insista bientôt pour voir un ours d'OVNIvores. Il décida de me venir en aide, comprenant que je n'avais encore personne en poste sur la post-production du son. Nous avons alors conclu un accord de co-production, en fin de compte, incluant qu'il travaillerait sur mon système, et donc sur Soundtrack, le logiciel de la suite Final Cut Pro.

 

Une grande aventure créative et technique commença !

 

IMG-recadree-FB.jpg

Le maestro est aux commandes. Attention, concentration !

 

Très ordonné, Todd potassait beaucoup mais se heurtait à un certain obscurantisme de la part d'Apple. Il peinait à trouver les réponses à ses exigences techniques, et passait souvent du temps sur Google pour conclure que ce qu'il cherchait ardemment n'existait pas. Avec nos deux cerveaux, nous avons dû ruser pour passer par-dessus bon nombre d'obstacles... il est dans ces cas-là de bon ton de connaître les systèmes informatiques et le comportement ordinaire des logiciels professionnels.

 

La prise de son sur le tournage était bonne, mais une grande part du film (la partie non dialoguée) avait été filmée avec un son caméra. Il fallut donc nettoyer tout le film des impuretés, bruits d'avions, de voitures, parasites, voix hors champ, babillages, etc. Ensemble, nous avons débattu sur l'utilité de tel ou tel dialogue, des prises à retenir et celles à remplacer, et même d'une voix off que nous avons quasiment écrit ensemble.

 

Todd pensait en effet que les premières minutes du film manquaient de densité et d'information. L'installation de la situation se faisait dans le silence et la musique, et il eut l'idée d'un style de narration qui me plut beaucoup. Je retins ses idées et composai un texte avec l'aide de Raphaël Biss, que nous avions prévu d'enregistrer ensemble. Finalement, j'eus l'idée d'utiliser une voix plus âgée, comme dans How I met your mother, et demandai à mon ami Aël de la réciter devant un micro. Le résultat était super, rajoutant du rythme, de l'humour et tout un sens nouveau à ce début laborieux qui d'ailleurs me donnait de la difficulté au montage.

 

Le fait de travailler sur le son nous inspirait de nouvelles idées à l'image, et nous avions fréquemment des discussions avec Todd sur des ajouts que nous pouvions faire, comme effets spéciaux ou améliorations de la cohérence globale. Pendant ce temps, il s'assurait de la qualité du matériel sonore monté. Une fois tout le film examiné, couche après couche (dialogues, mouvements, ambiances, voix off, musique...) il a commencé à ajouter des détails : pas des personnages, réactions, chocs ou contacts d'objets, puis des ambiances, etc. Il a fallu recréer des bruits de roche (avec deux morceaux brisés de ma terrasse !) et des réactions du héros pour les scènes d'"action". Pour cela, j'ai placé Raphaël devant un micro et je l'ai dirigé pour qu'il fasse des onomatopées.

 

Tout cela représentait un travail colossal, et nous nous voyions une à deux fois par semaine avec Todd pour de longues séances, avançant petit à petit... à pas de bébé.

 

Après plusieurs mois de ce rythme studieux, nous avons pu regarder le film en entier, stylo et calepin à la main pour noter tous les détails à corriger. Processus répété un certain nombre de fois, afin de ne rien laisser au hasard. "Nous devons nous dire à la fin que nous n'avons pas de regret !" disait Todd.

 

Enfin vint le temps du mixage. Nous avons tout chamboulé le studio de La Dame Verte, qui n'avait jamais prévu de devenir un jour un studio de traitement sonore. Nous avons pour cela tout déplacé et mesuré pour respecter une certaine "spacialisation" du son. Couvertures sur les fenêtres, écrans et enceintes dispersés dans la pièce, c'était un vrai chantier. Le mixage dura quatre jours, et se termina juste avant Noël. Todd partit et me dit : "regarde le film et dis-moi si ça marche !"

Et ça fonctionnait à merveille.

 

Quelques jours plus tard, je terminais les dernières retouches aux effets spéciaux, et je commençais les encodages, une étape barbare et sans intérêt.

 

Je tiens à remercier dans ces lignes tous les gens qui ont contribué à OVNIvores, de près ou de loin, bien sûr ils sont présents au générique du film, mais deux remerciements valent mieux qu'un.  Merci particulièrement à Thibaut Bedu pour son soutien au sein de La Dame Verte, à Todd Warren sans qui le film n'aurait pas été ce qu'il est, à mes deux Raph, grands amis et compères de toujours, et à Aël pour sa voix et son humour.

 

Ainsi s'achève le "making of OVNIvores". Je vous parlerai prochainement de l'actualité de la diffusion et de l'accueil du film, puisqu'une étape très importante reste à franchir : le test auprès du public !

 

 

 

 

Par Morgsapplar
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