Mardi 11 janvier 2011
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Vous vous doutez bien que les studios de cinéma utilisent les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter pour surveiller le comportement des masses populaires, un peu à la manière de Harry Seldon dans la théorie de la psychohistoire (voir Isaac Asimov). Mais nous doutions-nous quon finirait par faire un film sur Facebook ?
Le projet intriguait, un peu comme le futur
Monopoly de Ridley Scott, par son incongruité avant quon ne sache que son scénario sintéresserait finalement à lhistoire bien réelle du fondateur du site révolutionnaire. Nous quittons donc le côté gadget de lidée pour une
success story comme les aiment les américains, avec son lot de polémique et de scandale.
Les beaux gosses : aujourd'hui ils enlèvent le bas !
Pas étonnant que le film ait eu du succès. On peut parier quil concernait au moins les 250 millions dutilisateurs de la plate-forme, et il est prouvé quils sont les prospects privilégiés des producteurs et distributeurs. La pub sest faite avec pas un rond, dans lunivers virtuel des informaticiens, des « geeks », des familiers des nouvelles technologies, curieux de nature. Preuve à lappui : même laffiche na lair de rien.
Une bonne affaire, donc. Mais parlons un peu dart. David Fincher est un réalisateur de talent, il la déjà prouvé à de nombreuses reprises. Cest après tout lhomme qui a porté
Seven et
Fight club à lécran, et plus récemment le merveilleux
Benjamin Button.
Dans
The social network, pourtant, il est davantage sur le mode
Zodiac, cest-à-dire film à histoire fortement factuelle, intéressant et documenté, mais sans grande invention. Ici on a droit aux versions de plusieurs protagonistes saffrontant dans le labyrinthe des démarches légales : à qui appartient lidée de Facebook, qui a connu qui, qui est le copain trahi, qui est la bonne poire, et qui est le salaud qui a piqué le code ?
Bon. En fait, jai ressenti la vision de ce film comme la lecture dun article dans "LExpress". Informatif, mais quoi dautre ? La proposition de Fincher, si elle reste intéressante (Mark Zuckerberg est un "geek" qui a créé Facebook et connecté des millions de personnes entre elles, par impuissance de connecter avec une seule personne à laquelle il tenait) ne suffit pas, à mon avis, à porter un film de cinéma passionnant. Un documentaire naurait-il pas mieux fait laffaire ?
Car ça discute beaucoup, il ny a pas de travail remarquable sur lespace, sur lunivers visuel, ni sur les personnages. Les comédiens sont bons, il faut le reconnaître, la mise en scène très pro mais assez sobre. Et cest tout. Je me sens donc incapable de lacheter en DVD ou de le revoir.
Pourquoi cela ? Le propos est-il trop anecdotique ? Est-ce parce que l'histoire, en fin de compte, demeure purement virtuelle ? Après tout nous n'assistons pas à la démonstration du génie du garçon, car tout est contenu dans la programmation. Il n'y a pas de moment léger dans le film, gratuit, qui pourrait donner un sentiment agréable de divertissement. Non, nous sommes décidément coincés avec ces jeunes mecs décalés dans des appartements, autour de tables rondes, il n'y a pas de réel spectacle à les voir se chamailler pour la légitimité de telle ou telle idée. Nous sommes en plein thriller cérébral, mesdames et messieurs.
Alors comme d'habitude, je me demande doù vient le carton, sinon de la curiosité virale des spectateurs. Est-ce que ce succès va pousser les studios à adapter la vie de Sergey Brin et Larry Page, les fondateurs de Google ?
Wait and see. Qui plus est, il me reste à voir
Les petits mouchoirs, et je serai dattaque pour les soirées