Critiques (impitoyables)

Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 11:02

 

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De Tintin et le secret de la licorne, nous ne savions quoi attendre. Débarrassé de l'infantile immaturité de George Lucas, Spielberg s'est associé pour ce projet à l'autre grand géant du cinéma de ces dix dernières années, Peter Jackson, avec lequel il partage non seulement le sens de la mise en scène, mais aussi le goût pour la recherche technique. Quelle promesse alors, d'autant que Tintin était un projet qui tenait à coeur à Spielberg depuis sa découverte en 1981 dans les critiques françaises des Aventuriers de l'arche perdue !

 

Mais arrêtons ce suspense à trois francs six sous : cette adaptation de Tintin est excellente. Je dirais même plus : elle est excellente ! 

 

On peut critiquer Spielberg pour ses erreurs, pour la vacuité de sa Guerre des mondes ou son trop gentil Terminal, il prouve encore aujourd'hui qu'il est doué d'une éternelle jeunesse d'esprit. Cette aventure de Tintin, si les puristes veulent bien excuser les rigueurs de l'adaptation (en opposition ici à la transposition littérale), remplit haut la main son cahier des charges : on y retrouve tous les personnages intacts et vivaces, le rythme enlevé et rocambolesque, l'humour et le style  de l'oeuvre originale mise "en volume".

 

Comprenez bien que j'ai lu tous les albums du petit reporter, sans pour autant en connaître les aventures sur le bout des doigts. Ce n'est pas mon genre de disséquer à tout va, même si une relecture serait utile à une meilleure critique en profondeur, j'en consens. Mais j'ai grandi avec, je crois en cerner suffisamment les codes pour pouvoir témoigner du grand respect dont ont fait preuve Spielberg et Jackson tout au long de leur (immense) travail. Ce respect total, cette courbette en forme d'hommage appuyé, se sent dès les premières minutes, au cours du générique transformant peu à peu l'imagerie des albums 2D en images graphiques 3D, avec un petit clin d'oeil à la série animée si admirée par les fans. Un coup de palette de couleurs et on retrouve... Hergé, à Montmartre, dessinant le portrait de Tintin au coeur du film ! Le passage de relais est assuré, avec une élégance touchante...

 

Plusieurs arguments font à mon avis la grande force de cette adaptation. A commencer par la mise en scène. 

Spielberg, pour son coup d'essai au motion capture, a appris à bonne école, en regardant Zemeckis et Cameron faire joujou. Avec Tintin, il choisit de transcender totalement la technique et s'amuse avec des mouvements de caméra audacieux, offrant une richesse de plans qui sont autant de bonbons acidulés pour nous autres gagas de cinoche.

A ce titre, il nous offre également la meilleure représentation de la 3D au cinéma depuis Avatar, puisque le jeu avec les focales, et donc les profondeurs de champ, est complètement assumé et ludique. C'est un vrai spectacle. A titre de comparaison, la bande annonce de La menace fantôme 3D en préambule de la séance paraissait plate comme une limande et donc sans le moindre intérêt...

 

viewmaster_pooh_collage12.jpgLe Viewmaster, ou le relief des enfants des années 80....

 

L'image elle-même est un régal pour les yeux. Le choix de la motion capture pour cette adaptation était la vraie bonne idée, car elle est ici le juste compromis entre le dessin animé et l'action live. En outre la modélisation et la texture de l'animation sont tellement réalistes, si fouillées de détails, qu'on l'oublie au bout de cinq minutes. Vraie bonne idée aussi parce que cette technique permet de respecter le look des personnages sans maquillages outranciers qui seraient passés pour de mauvais artifices de scène, comme c'était par exemple le cas dans Astérix ou Lucky Luke en France. Je pense notamment aux Dupond et Dupont.

 

En vérité, ce qui m'a touché le plus, c'est le charme de l'image. Le style adopté par Spielberg m'a rappelé les images relief des vieux Viewmasters des années 80, lorsque l'univers Disney était représenté par des figurines photographiées dans des décors miniatures. Tintin et le secret de la licorne donne cette impression de réalisme merveilleux, cet effet "madeleine de Proust" (clin d'oeil à Isabelle) qui est savoureux pour aborder l'univers de Tintin sous un nouvel angle.

 

Tout le reste relève du plaisir de spectateur : l'action débridée nous tient en haleine, c'est un film qui va vite, plongé dans une maestria de mouvements et de couleurs. On rit beaucoup aux atermoiements de Haddock ou on s'émerveille sur l'animation bluffante de Milou, et il y a toujours ces grands moments d'aventure où des avions décollent sur la musique de John Williams et qui nous inspirent des frissons de joie.

 

Alors tonnerre de Brest, à quand le second volet ?

Par Raphaël Zamochnikoff - Publié dans : Critiques (impitoyables)
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 14:40


Au top du top en ce moment, et il suffit de se tourner vers deux trois jeunes filles en émoi sortant du cinéma le plus proche de chez vous pour le savoir, c'est Ryan Gossling, le beau gosse de N'oublie jamais, de Blue valentine et aujourd'hui de Crazy stupid love et Drive. Pas sûr que Taylor Lautner, débauché de Twilight et jouant les Jason Bourne de remplacement dans Identité secrète, ne puisse relever le challenge.

Gossling est-il le nouveau James Dean ? Telle est la question posée par Clémentine W. de Lyon, à la vision du dernier film de Nicolas Winding Refn fortement remarqué au Festival de Cannes et récompensé d'un prix de la mise en scène. Ce serait une façon bien commode de ranger encore une fois des gens dans des tiroirs. Par contre, de dire que Winding Refn est le nouveau William Friedkin, c'est vrai qu'il n'y a qu'un pas. Il suffit de jeter un oeil à sa filmo, et de se plonger cinq minutes dans l'huile bouillante de Bronson. Drive est à cette image un film urbain envoûtant, troublant et schizophrénique par son côté à la fois rétro et néo-choc, entre titres roses sur longs plans aériens et gueules éclatées à coups de bottes. Ce n'est pas foncièrement nouveau, mais l'émotion reste coupablement délicieuse.

Crazy stupid love est quant à lui un bon film, chassé-croisé d'une collection de personnages opposés et confrontés, dont la rencontre fait éclater toutes les règles de vie : le dragueur pris à son propre jeu, le loser romantique sur le chemin de la vérité qui fait mal mais qui fait grandir, les enfants aux émotions qui font des bonds et les parents qui pètent les plombs entre scandales et adultères. Une réflexion sur les jeux dangereux de l'amour et des sentiments, des espoirs et des déceptions. Diablement efficace et terriblement véridique, finalement.

Forcément moins sexy, l'avant première française de cette croûte de Monster brawl, rendez-vous des cinéphiles aimant le Bis au plus poussé, et malgré l'accueil très sympathique de nos amis des Méduses / Ciné Nasty, hyperactifs du fantastique sur le coin. Le film ne convainc pas, étant un prétexte monotone à ressusciter des créatures classiques pour en faire absolument n'importe quoi sauf du spectaculaire. Il y a bien une ou deux idées marrantes qui surnagent dans cette mare désertique sans budget ni talent, s'amusant de la présentation des matchs mais ayant la faiblesse de ne pas assez céder au délire de ceux-ci.

Moralité : restons curieux, il y a toujours un OVNI quelque part propre à nous enchanter, et qui aura un peu de profondeur. Seulement ils ne touchent pas souvent le sol niçois… dommage, Messieurs les Distributeurs ! Et on va encore me qualifier de vieux râleur...

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Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 09:08
Fin de la grève sur le blog. Après une semaine parisienne pas triste a succédé un épisode éprouvant de restructuration de la Dame Verte. Car la priorité reste aux affaires, quoi qu'on en dise, il est difficile de jouer sur tous les tableaux à la fois sans un minimum de fatigue. Pour palier à ce coup de mou, certains auraient pris un Guronsan, mais moi j'ai trouvé ma vitamine C dans un film surprenant, hystérique et coloré, Panique au village de Vincent Patar et Stéphane Aubier.


Ca n'a l'air de rien comme ça... mais c'est gigantesque !

Ce film d'animation franco-belge que j'avais négligé à Cannes il y a deux ans (si j'avais su !) est l’adaptation d’une série à succès méconnue chez nous. Panique au village a quelque chose d'inédit et d'original puisqu'il met en scène des petites figurines en plastique tels que celles que n'importe qui possédait lorsqu'il était petit dans son coffre à jouets.
Pourtant, pas question ici de jouer les Toy story : l'animation reste hachée et raide, les personnages ne sont pas des jouets mais de vrais héros dans un monde irréaliste au possible. Le style est assumé à fond les manettes et donne lieu à une rigolade sans fin de 1h17 telle que je n'en avais pas connu depuis très très longtemps.

M'est avis que Patar et Aubier, les créateurs de cet OVNI, ont fait la seule chose qui pouvait marcher avec un univers de cette sorte : face aux contraintes des figurines de par leur nature de plastique dur, il ne restait qu'à produire une action décomplexée, voire forcenée, une énergie jubilatoire propre à libérer les personnages de leurs socles grossièrement peints à la main. Le résultat est d'une créativité confinant au génial de par l'emploi des matières et des techniques d'animation, jouant la carte du complet surréalisme et d'une histoire improbable et mouvementée.

L'ajout d'un casting de doublage impeccable où on retrouve la très belle voix de Jeanne Balibar et un Benoît Poelvoorde absolument parfait en paysan gueulard hystérique, ainsi que des accents belges à foison (dont la voix de Bouli Lanners, un incontournable), font de ce film une pépite délirante héritière des cuvées d'ecstasy des années 80, au plus fort de l'époque de Papi vole et de Chapi-Chapo.

A déguster entre amis pour passer des soirées inoubliables. Un, deux, trois… partez !!

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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 15:31
Tron : l’héritage n’échappe donc pas à la mode des remake boostés aux emphétamines, petites pilules bleues qui, c’est bien connu, endorment la sagacité du cerveau. Ce qui donne à peu près un film drogué aux couleurs néon, grand spectacle d’effets spéciaux mais tout atrophié niveau scénario. Hélas, un zombie de science-fiction.

Voir ce film dans une bonne salle, avec un grand écran, des lunettes 3D et un son qui décorne, vaut le coup d’œil et le prix de sa place. Je me hasarderai à le comparer à Avatar : si on accepte de se promener dans une grosse bande dessinée aux thématiques et enjeux plus classiques-que-ça-tu-meurs, alors il n’y aucune raison de ne pas passer un très bon moment. Encore une fois, il est dommage que la faiblesse de l’histoire plombe une quantité de bonnes idées visuelles et sonores.
Car des idées, il y en a partout : ne serait-ce que la gestion de la 3D. En effet, le film commence par une demie heure de 2D, laissant à l’univers virtuel le soin de nous en mettre plein la vue. Lorsque le héros plonge dans le jeu, cette nouvelle dimension ajoutée, attendue pendant un petit bout de temps, n’en est que plus spectaculaire. Elle est donc tout à fait justifiée, et en termes de qualité, c’est une très belle impression de relief qui saura nous faire sursauter et participer à l’action bien des fois au cours du périple.



Les effets visuels sont tellement beaux que la doublure rajeunie de Jeff Bridges paraît presque crédible, avec une petite marge « d’artificialité » justifiée elle aussi par l’univers du jeu. Enfin le style de la Grille, des véhicules aux bâtiments, en passant par les fastueux costumes lumineux des personnages, (certains rappelant parfois agréablement les univers de Moebius) est superbe. Il procure au film une identité immédiate, certes proche d’un jeu vidéo, mais n’oublions pas que c’est très exactement l’effet recherché.
Et il faut compter avec une certaine inventivité. Nous connaissions les voitures de course virtuelles, s’ajoutent désormais des buggys et des aéroplanes fonctionnant sur le même principe, pour le bonheur des yeux.

L’histoire, qui tient sur une feuille de papier à cigarettes, est le point faible de cette réalisation. Le départ en est simple, et efficace, c’est-à-dire la disparition du Concepteur Jeff Bridges, pris au piège de sa propre création. Son fils le rejoint après avoir survécu à un certain nombre d’obstacles, pour s’apercevoir que son père a un double maléfique avide de pouvoir. Ce qui est à déplorer, et je suis d’accord avec mon confrère Nicolas (il se reconnaîtra), c’est que ce genre de film, porteur d’un sujet très fort de hard science dont Isaac Asimov n’aurait fait qu’une bouchée, ne propose aucune problématique intéressante sur la technologie d’aujourd’hui, sur ses déviances, sur ses dangers, sur son potentiel… on se contente de brosser le panorama de ces univers imbriqués dont personne ne s’émeut finalement.
Syndrome Matrix à deux étages, puisqu’on y pratique aussi un peu le kung fu pour plaire aux jeunes. Mais ce qui est esquissé en premier acte, on l’oublie totalement par la suite. Quelle résonance le monde de Tron a-t-il sur notre monde ? Réponse : aucun.

J’abordais une comparaison avec Matrix. Elle ne s’arrête pas là. Le film est une succession de combats plus ou moins spectaculaires. On assiste à la visite d’une collection de lieux qui en rappellent d’autres : chez Flynn, on est dans 2001, il pratique le zen et parle comme un sage. Dans le bar, c’est la cantina de Star wars version art déco et cette nuit perpétuelle, c’est bien sûr Matrix et Terminator. Les références sont posées.
Mais le plus délicat est ceci : quand dans le dernier acte, nos héros pénètrent dans le vaisseau mère et découvrent les légions de combattants de Clu, nous avons l’impression tenace et désagréable de voir deux plans en tout point absolument identiques à des images vues dans L’attaque des clones !

Ce qui m’a fait réaliser quelque chose. Toute la déviance de la science-fiction depuis vingt ans provient d’un basculement thématique. Tron (1982) était un film sur la découverte d’une technologie et d’un monde associé. Toutes les années 1980 étaient à cette image, et dénotaient de cet émerveillement qui était aussi le fruit du progrès des effets spéciaux., et d’où émergeait un questionnement. On peut citer Explorers de Joe Dante, dans cette même veine. The thing de John Carpenter,.E.T., Gremlins, 2010 l’odyssée 2, Les Goonies, Blade Runner… cette période se basait sur la découverte d’un potentiel, d’un futur (ou d'un passé) insoupçonné, d’une autre réalité possible.
Aujourd’hui, le questionnement des effets spéciaux, de la technologie et donc de sa problématique en nature, est redevenu nul puisque nous en sommes blasés. On a remplacé l’exploration (qui n’émeut plus personne) par l’envergure guerrière. Avatar, District 9, la prélogie Star wars et donc Tron, sont des films de guerre. Solaris ou Sunshine, de vraies œuvres de réflexion sur la science et l’anticipation, sont boudés par le public et donc par les studios.

Résultat immédiat, la loi martiale décrétée sur le genre a aboli toute démocratie du scénario. Aujourd’hui on recherche le nouveau Star wars, et Tron se place en challenger. Et c’est peut-être là le plus grand paradoxe de Tron : en faisant mine de se donner bonne conscience, en dénonçant l’avidité des conglomérats d’informatique, Joseph Kosinski livre un produit somme toute formaté, sans audace aucune. Toutes les pistes de théorie nouvelle sont gentiment étranglées par le style Walt Disney, qui se moque des invraisemblances. (Il manque cruellement une explication sur l’incarnation des programmes sortis du jeu… que l’on n’entendra pas plus dans la presque-certaine-suite, car tout le monde semble prendre cet aspect du scénario comme acquis depuis le départ.)

Restent les qualités du spectacle, le plaisir de l’aventure et une atmosphère electro-new age qui parfois désarçonne, car au beau milieu de nulle part dans un univers virtuel, on se surprend parfois à se sentir très loin de chez soi. Et c’est déjà pas si mal.

La mise en scène est propre et soignée, malgré le désormais inévitable maniérisme des ralentis à la pelle qui a tendance à désamorcer l’émotion des mouvements dans le style cher à Zack Snyder.
Quant aux acteurs, on saluera la (double) prestation de Jeff Bridges, au potentiel affectif intact. Il est très agréable de retrouver Bruce Boxleitner à ses côtés 30 ans après le premier épisode. On le reconnaît à peine… J’ai trouvé Garrett Hedlund très à sa place dans le rôle du fils de Flynn. Et Olivia Wilde, délicieuse, s’en tire avec les honneurs.


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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 10:52
Cette nuit sur Facebook, deux cinéphiles insomniaques dont je tairai les noms échangeaient leurs points de vue sur l’utilité ou pas de regarder des navets. L’un venait de découvrir le documentaire choc The cove, l’autre voulait lui parler de Cette femme-là de Guillaume Nicloux. Les deux cinéphiles évoquaient le cinéma français, ce qui leur plaisait et ce qui les repoussait dans ce cinéma, tandis que les César annonçaient leurs nominations. « Il faudrait qu’on se fasse un cycle de grands films français », concluaient-ils, se souvenant de Losey, de Franju, de Tourneur, de Renoir ou encore de Melville.

Sauf qu’il n’est pas toujours évident de reconnaître un navet au premier coup d’œil, ni un bon film d’ailleurs. On le sait souvent au cours de la séance, plus ou moins tardivement. C’est l’inconvénient. Et puis tout le monde ne s’accorde pas que la classification. C’est ce qu’on appelle « le goût des autres ».
L’avantage est que même dans la pire rave de l’année, on trouve toujours un petit quelque chose dont on peut tirer une leçon de cinéma.


La clé du navet est souvent à molette...

Dernier exemple en date, Possession de Joel Bergvall et Simon Sandquist avec Sarah Michelle Gellar. Voici un film direct to video, qu’on regarde parce qu’il y a l’héroïne de Buffy dedans, et qu’on l’aime bien.
L’histoire n’a rien de folichon, la cinématographie non plus, on suit le mouvement parce qu’on a fini toute la vaisselle, on a plus aucune excuse. Une rivalité entre deux frères vivant sous le même toit, qui met en danger un couple, Sarah a de mauvais pressentiments et soudain c’est le drame, les deux frères s’affrontent et finissent à l’hosto suite à un gros accident de voiture. Qui s’en tirera ? Le chéri de Sarah ou le frère qu’elle déteste ?

Evidemment, la deuxième option s’impose, sinon on peut aller se coucher, les producteurs l’ont bien compris. Obligés de cohabiter, Sarah et le frère louche nouent une relation étrange lorsque celui-ci prétend que son âme et celle du mari de Sarah ont été inversées dans le choc. Ils nouent alors une histoire d’amour… et Sarah se retrouvera enceinte. Par conséquent, nous sommes en plein trip fantastique. Guère intéressant, on a vu ça cent fois. Et pourtant, lorsque Sarah découvre que le frangin lui a menti sans honte, on touche à quelque chose de différent, quasiment un sentiment Cronenbergien : elle porte l’enfant d’un homme qui la dégoûte, son ventre est conquis par Alien, à ce moment-là, difficile de ne pas ressentir l’horreur de la situation.

Quel dommage alors de retomber dans des inepties de bagarre à coups de clé à molette, de fantômes et d’intervention divine. Le premier degré aurait tellement bien fonctionné !

Quand il n’y a pas une totale réussite, donc, il y a parfois des tentatives méritantes. La série B est bel et bien un laboratoire d’essai pour un rang de cinéastes pas toujours libres et souvent en recherche. Nous aurions tort de ne pas nous y hasarder de temps en temps. Et puis, ça n’empêchera pas le cycle de grands classiques !

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